CONVENTION DE RECLASSEMENT PERSONNALISEE (CRP)
Objet et mise en oeuvre.Les entreprises de moins de 1.000 salariés doivent proposer une CRP à tout salarié dont le licenciement économique est envisagé.
Durée maximale de la CRP portée de 8 à 12 mois pour les procédures de licenciement engagées à compter du 1er janvier 2009.
Objet : permet à l'intéressé de bénéficier après la rupture de son contrat, d'actions d'orientation, d'évaluation des compétences, de formation...
En cas de non proposition au salarié, l'employeur doit verser à Pôle emploi, une contribution égale à 2 mois de salaire brut moyen des 12 derniers mois travaillés.
Précisions : a/ Pour bénéficier d'une CRP, le salarié doit être totalement privé d'emploi et physiquement apte.
b/ L'employeur informe individuellement chaque salarié du contenu de la CRP en lui remettant, lors de l'entretien préalable, un document portant mention :
- de la date de remise,
- du délai imparti au salarié pour donner sa réponse,
- de la date à partir de laquelle, au cas d'acceptation de la CRP, son contrat de travail est rompu.
Le salarié dispose d'un délai de 21 jours, à compter de la proposition pour accepter ou refuser la convention.
L'absence de réponse au terme de ce délai, est assimilée à un refus.
L'employeur peut notifier au salarié son licenciement à titre conservatoire au cours du délai de réflexion.Outre les mentions :- d'énonciation des motifs économiques inviqués par l'employeur,
- de proposition au salarié d'un congé de rclassement,
- ou d'une CRP,
- d'existence d'une priorité de réembauchage et ses conditions de mise en oeuvre,
- du délai dont dispose le salarié pour contester la régularité de son licenciement,
la lettre doit indiquer le délai de réponse dont dispose l'intéressé pour accepter ou refuser
et préciser qu'en cas de refus d'adhésion elle constitue la notification du licenciement.
c/
Dans les 8 jours suivant l'adhésion, un entretien permet d'établir un plan d'action personnalisé.
Un document écrit formalise les relations entre les bénéficiaires et Pôle emploi et précise les prestations fournies par les organismes assurant le service public de l'emploi. Le document précise également les cas e sortie anticipé du dispositif.
d/ Les différentes prestations d'accompagnement peuvent être complétées par les aides au reclassement prévues par l'assurance chômage.
Rupture du contrat de travail :En cas d'acceptation de la convention par le salarié, le contrat est réputé rompu d'un commun accord. La rupture du contrat qui intervient alors à l'expiration du délai de réflexion, ne comporte ni délai-congé, ni indemnité de préavis, mais ouvre droit à l'indemnité minimum légale de licenciement calculée par année de service dans l'entreprise et non inférieure à 1/5ème de mois par année d'ancienneté, plus 2/15ème de mois par année d'ancienneté au-delà de 10 ans
(Soit plus simplement 1/5ème de mois de salaire par année d'ancienneté les 10 premières années et 1/3 de mois pour chaque année suivante).Situation du salarié :Pendant la durée de la CRP le salarié bénéficie d'une allocation spécifique de reclassement, dont le montant diffère selon son ancienneté.
a/ Le bénéficiaire
ayant plus de deux ans d'ancienneté perçoit de Pôle emploi une allocation égale à 80% du salaire journalier de référence pendant les 8 premiers mois.Elle ne peut être inférieure à 80% du montant journalier brut de l'indemnité de préavis que le salarié aurait perçue, s'il n'avait pas accepté la CRP.
Pour les mois suivants, elle est égale à 70% du salaire journalier de référence, sans pouvoir être inférieure au montant de l'allocation chômage à laquelle l'intéressé aurait pu prétendre (Accord du 23/12/2008).
b/ Sur le montant de l'allocation est précomptée
une participation de 3% assise sur le salaire journalier de référence.
c/
L'indemnité différentielle de reclassement est versée à l'intéressé ayant au moins 2 ans d'ancienneté et reprenant un emploi salarié dont la rémunération est, pour un montant identique d'heures hébdomadaires de travail, inférieure d'au moins 15% de la rémunération de son emploi précédent.
d/ Au terme de la CRP, le bénéficiaire à la recherche d'un emploi
peut bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), dès son inscription comme demandeur d'emploi, sans différé d'indemnisation ni délai d'attente. La durée d'indemnisation au titre de l'allocation est, dans ce cas, réduite du nombre de jours indemnisés au titre de l'allocation spécifique de reclassement.Financement :Pour les bénéficiaires d'une CRP
ayant au moins 2 ans d'ancienneté, l'employeur contribue au financement de l'allocation spécifique de reclassement en versant à Pôle emploi une somme égale à 2 mois de salaire de l'intéressé.
Pour tout bénéficiaire d'une CRP, l'employeur participe au financement des prestations d'accompagnement et d'aides au reclassement, en versant au même organisme, une somme égale au montant de l'allocation de formation correspondant aux heures acquises par le salarié au titre du DIF et n'ayant pas été utilisées.
(Source : Social 2009 de Francis LEFEBVRE)Informations complémentaires concernant les droits au DIF: En cas de licenciement économique, si le salarié n'accepte pas la CRP, ses droits au DIF, à condition qu'il les réserve expressément, ne sont pas modifiés.
Il utilisera ses droits conformément aux règles applicables pour n'importe quel licenciement.
En revanche,
si le salarié accepte la CRP, ses droits au titre du DIF sont doublés. La loi prévoit, en effet , que la durée des droits au titre du DIF est doublée dans le cadre de la CRP en cas de licenciement économique (Art. L1233-66 NTC) .